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Comment Devenir Essayeur Automobile

Qui es-tu Damien?

J'ai 29 ans, je suis journaliste automobile et rédacteur en chef du magazine "voitures.com".

Quel est ton parcours pour devenir journaliste automobile?

J'ai un profil littéraire. Après un bac L, j'ai obtenu une licence de lettres et à l'origine je m'orientais vers l'éducation nationale. C'était un projet, mais devenir journaliste automobile était un rêve. Je n'étais pas pas trop renseigné sur les filières pour y accéder. Puis, en me penchant sur la question, j'ai intégré une école de journalisme. Par la suite, les bonnes rencontres ont permis de rentrer dans le milieu. Journaliste non spécialisé aurait été bien également, mais je dois dire que presse auto c'est la cerise sur le gâteau. J’allie profession et passion.

Quel est ton quotidien?

Ça peut paraître difficile à imaginer mais l'actu auto est quotidienne. Elle ne s’arrête jamais avec chaque jour des petites news sur le marché ou sur les nouveautés auto. Après, journaliste auto c'est surtout les essais. Avec la densité du marché, il y a de quoi essayer deux voitures par semaine. Moi je ne peux pas me permettre, j'ai beaucoup à faire avec l'animation du site.

«De la casse en essai? Il y en a qui ont réussi à noyer une voiture en voulant faire des images sur le sable, oubliant la marée montante»

Comment se passent les essais?

Il y a deux types d'essai : la présentation presse et l'essai parc presse. En présentation, nous sommes invités sur un ou deux jours par le constructeur, en France ou à l'étranger, pour essayer une nouveauté. Le deuxième type d'essai se fait au parc presse. Dans le parc, le constructeur met à la disposition des journalistes une flotte de véhicules. L'intérêt pour nous est de découvrir les motorisations et versions que nous n’avons pas pu essayer en présentation ou alors de comparer deux modèles concurrents, une Renault Clio et une Peugeot 208 par exemple.

De la casse en essai?

Oui, bien sûr. Je ne vais pas citer de noms (rires), mais ça arrive! Il faut bien savoir qu'un journaliste auto n'est pas un pilote. Ça, c'est un autre métier. On est peut être des conducteurs expérimentés, capables de décrypter le comportement d'une voiture, les sensations qu'elle procure, mais piloter c'est sur circuit. Je ne dis pas qu'on respecte à la lettre les limitations, pour autant on n'a pas besoin de rouler à 200 km/h pour savoir si la voiture est satisfaisante ou non. La casse, ça arrive, comme accrocher des pare-chocs. C'est la vie de la circulation. Je dirais simplement qu'il y a accrocher et pulvériser... Le deuxième cas est rare. Certains ont toutefois été capables d'avoir plusieurs accidents sur une même présentation. Et il y en a même qui ont réussi à noyer une voiture en voulant faire des images sur le sable, oubliant la marée montante!

«Il y a une part d'avis comme la couleur, le visuel. L'accueil, l'espace à bord sont des critères, eux, très objectifs»

Est-ce facile de juger de manière objective des marques dont tu n'es pas adepte à titre privé?

L’objectivé n'existe pas dans le journalisme. Oui, tu as tes sensibilités vis à vis de certaines marques. Je n'ai pas d'a priori, mais oui il y a certaines marques que j'affectionne plus que d'autres. J'aime beaucoup les BMW pour leur caractère sportif et leur architecture de propulsion. Et oui, certaines marques ne me transcendent pas. En auto, il y a des marques émotionnelles, d'autres plus rationnelles. Il y a des questions de souvenirs aussi : il suffit que ton père ait eu une marque en particulier, tu es plus engagé vis à vis de celle-ci. Pareil pour ta première voiture : même si elle est bourrée de défauts, c'est ta première voiture. On n'a pas tous le même regard, nous journalistes, sur la voiture. Par exemple, il y en a qui adorent les SUV. C'est leur truc. Moi j'aime le look, en revanche, à conduire, ça m'emballe beaucoup moins qu'une berline ou un break que je trouve plus fin et plus dynamique.

Comment évalues-tu une voiture?

Il y a une part de subjectivité, comme la couleur ou le design. C'est tout à fait personnel. Je m'y attache rarement car le lecteur se fera son avis seul. Ensuite, il y a les qualités et les défauts évidents d'une voiture. Là on est dans le journalisme. Dans notre métier, il faut toujours garder en tête le positionnement du véhicule. Évidemment, une Twingo ne soutient pas la comparaison avec une Mercedes classe S. Notre métier, c'est de décrypter en gardant en tête le niveau de prix, la cible et le positionnement de l'auto. L'accueil, l'espace à bord sont des critères très objectifs. L'espace se mesure par exemple. Je peux aussi dire qu'une voiture est bien finie par rapport à ses concurrents. Dans l'essai, il y a enfin la prestation routière, qui regroupe le caractère du moteur et le comportement du châssis. Sa sonorité, sa vivacité, le moteur est-il explosif ou délivre-t-il sa puissance de façon linéaire ? Au final, il faut toujours replacer la voiture dans son contexte de concurrence pour établir ses points forts et points faibles.

«Il faut démystifier cette idée selon laquelle onserait suffisamment cupide pour être à la solde du constructeur»

L'actualité est chargée avec le salon de l'auto. Peux-tu nous dévoiler tes coups de cœur? 

Tout le monde est d'accord sur un point : le salon de l'auto, cette année, est un peu décevant parce qu'il n'y a pas eu de surprise. On  savait à l'avance ce qui allait arriver. Il n'y avait pas de voiture complètement inédite. Niveau coups de cœur, je dirais le nouveau coupé Mercedes AMG GT, la concurrente de la Porsche 911. C'est une très belle voiture, très réussie. Il faudra voir en conduite si elle est à la hauteur de la 911 qui reste la référence des sportives. Autre coup de cœur, il faut aimer le style, mais j'ai été séduit par la Fiat 500X, un mini crossover. Si on met de côté toute l'histoire autour de la 500, c'est un beau produit avec une belle finition, de belles prestations. Il faut essayer la voiture mais sur le papier ça peut devenir une référence. Il y avait enfin une voiture que tout le monde attendait. La voiture plaisir par excellence, assez abordable niveau prix (30 000 euros environ). Il s'agit de la Mazda MX-5. C'est la quatrième génération, la première est sortie en 89. C'est la voiture découvrable la plus vendue au monde. C'est un petit gabarit, légère, à propulsion donc très sympa à conduire. A chaque fois que je l'ai essayée, je me suis régalé. Elle n'a pas une puissance phénoménale, mais elle est pétillante, elle donne beaucoup de promesses par rapport aux 3 précédentes versions déjà abouties.

Journaliste automobile, à l'instar de journaliste de sport apparaît comme une branche moins prestigieuse du journalisme. Quel est ton sentiment?

Dans l'imaginaire collectif, le journaliste auto fait un métier de rêve. La voiture est un objet qui fait encore rêver. On part souvent à l'étranger dans des endroits sympas et on est payé à essayer des voitures. Pour autant, les autres journalistes nous considèrent à la solde des constructeurs. Il y a une idéologie autour de ça : on nous paierait des soirées, des voyages et on nous donnerait même des voitures.... C'est sûr qu'à une époque, il y a peut-être trente ans, il y a eu certains abus. Aujourd'hui il y a beaucoup de raison. On travaille dans de bonnes conditions c'est certain, mais il faut être sans cesse en déplacement, loin de sa famille. Et puis, y a 40 millions d'automobilistes, la voiture est un produit de consommation de masse. On a donc une mission, informer, guider ces millions de gens. Ce n'est pas parce qu'on a des affinités qu'on va favoriser telle ou telle marque. Le vrai verdict reste l'essai. L'automobile est un milieu fermé, masculin. Il faut démystifier cette idée selon laquelle on serait suffisamment cupide pour être à la solde du constructeur. Moi ce que je trouve le plus intéressant et le plus dur, c'est qu'on a beau être spécialiste de l'auto, on ne s'adresse pas à des spécialistes. Il faut imaginer ce que le lecteur veut savoir pour prendre une décision. Une voiture, ce n'est pas un paquet de farine, c'est le deuxième budget des ménages français après le logement. C'est du sérieux. On a une lourde mission : orienter le consommateur dans sa décision d'achat.

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S’il est un métier de l’automobile qui fait rêver, c’est bien celui de pilote-essayeur pour un constructeur automobile, fabricant de pneu ou équipementier. A longueur d’année, ces techniciens de pointe malmènent les prototypes dans les conditions de roulage les plus variées. Des champs de neige lapons aux contrées les plus arides et désertiques, en passant bien sûr par les circuits top secret, ces hommes – la profession reste peu féminisée – ont la particularité et la chance de passer énormément de temps au volant. Et quand ils sortent de leur voiture, c'est pour évoquer avec leurs autres collègues ingénieurs les axes de développement des moteurs, pneus, suspensions et autres systèmes de freinage qui équiperont la voiture que nous pourrons acheter quelques années plus tard.

Bref, une activité professionnelle à la pointe de l’innovation, qui requiert un très solide bagage technique - la plupart des essayeurs ont une formation d’ingénieur (comme en dispense par exemple l'Estaca) mais aussi, et c’est primordial, un excellent « feeling » automobile, que nombre d'entre eux ont cultivé (et cultivent encore) en karting ou autres disciplines du sport automobile. Car si le métier d’essayeur est bien sûr très technique, où tout est quantifiable (ou presque), il n’en reste pas moins que les batteries de capteurs et d’ordinateurs ne font pas tout : c’est aussi un métier de la sensation qui, toutes proportions gardées, peut s’apparenter à celui d’œnologue quand il s’agit par exemple de « calibrer » une suspension ou de déterminer la composition et le dessin d’un pneu en fonction des qualités que l’on cherche à lui donner.

D’habitude, les constructeurs rechignent à ouvrir les locaux de leurs services de Recherche & développement à la presse (on les comprend…). Pourtant, Nissan a récemment offert à une poignée de médias européens - dont Caradisiac - la possibilité de découvrir son centre de R&D de Barcelone, où 340 personnes sont en charge de la conception et du développement de nombreux modèles destinés au Vieux continent.

Après avoir montré patte blanche et recouvert de petits stickers les objectifs de nos smartphones, nous avons donc pu visiter ce centre très secret où sont mis au point les véhicules utilitaires légers, pick-up, mais aussi Juke et Qashqai. (liste non exhaustive), où les groupes motopropulseurs sont soumis à de sévères séances de test, où les trains roulants vivent de véritables tortures (sur certaines machines, trois semaines de tests équivalent à 100 000 km de roulage), et où est également étudiée de près la concurrence. Durant notre visite, nous avons notamment pu constater que la Volkswagen Golf GTE à motorisation hybride rechargeable faisait l'objet de nombreuses attentions, tout comme les VW Touareg, Toyota Hilux, Peugeot 308 et autres Ford Focus…

Après cette visite, nous avons pris la direction du circuit de Castellolí, situé à une grosse demi-heure de Barcelone, où plusieurs pilote-essayeurs nous ont parlé de leur activité professionnelle. Une équipe multiculturelle où se cotoient italiens, japonais, espagnols, tous amoureux d'un métier qu'ils ne quitteraient pour rien (ou presque) au monde. Car comme le dit Josep Meseguer, l'ingénieur qui dirige les tests au centre de développement de Barcelone : "L'automobile, ce n'est pas juste un produit, ce sont des sensations. C'est bien ce qui rend notre métier passionnant".

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